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Le président fédéral.
Le président fédéral est
le chef d’Etat de la République fédérale d’Allemagne.
Il est élu par l’Assemblée fédérale, un organe
constitutionnel qui ne se réunit qu’à cette fin. Celle-ci
se compose des députés du Bundestag ainsi que d’un nombre
égal de délégués, élus par les parlements
des Länder. Des personnalités éminentes et méritantes
sont parfois aussi nommées à l’Assemblée fédérale
bien qu’elles ne soient pas membres d’un parlement de Land. Le président
fédéral est élu pour cinq ans, à la majorité
des voix de l’Assemblée fédérale. Il n’est rééligible
qu’une seule fois.
Le président fédéral représente la République fédérale d’Allemagne à l’extérieur. Au nom de la Fédération, il conclut les traités avec les Etats étrangers; il accrédite et reçoit les ambassadeurs. La politique étrangère elle-même est la prérogative du gouvernement fédéral.
Le président fédéral nomme et révoque les juges fédéraux, les fonctionnaires fédéraux, les officiers et les sous-officiers. Il peut gracier des délinquants. Il examine si les conditions d’élaboration des lois sont conformes à la Constitution et ces lois sont ensuite publiées au Bulletin des lois fédérales.
Il propose au Bundestag (en tenant compte des rapports de majorité) un candidat pour la fonction de chancelier fédéral et, sur proposition du chancelier, il nomme et révoque les ministres fédéraux. Si le chancelier demande au Bundestag de lui exprimer sa confiance et que celui-ci la lui refuse, le président fédéral peut dissoudre le Bundestag sur proposition du chancelier. Le président fédéral incarne à un titre tout particulier l’unité de la collectivité politique. Par-delà toutes les frontières des partis, il est l’emblème de la cohésion au sein de l’Etat et du régime constitutionnel. Malgré ses tâches essentiellement représentatives, le président fédéral peut exercer une grande autorité personnelle en tant que force conciliatrice et neutre, au-delà de la vie politique quotidienne. Par ses prises de position fondamentales sur les problèmes de notre temps, il est en mesure – du fait qu’il se situe au-dessus des affaires politiques quotidiennes – de donner des points de repère pour l’orientation politique et morale des citoyens.
Le Bundestag.
Le Bundestag est l’assemblée nationale
de la République fédérale d’Allemagne. Il est élu
par le peuple pour quatre ans. Sa dissolution (prématurée)
n’est possible qu’à titre exceptionnel, décision qui est
aux mains du président fédéral. Ses principales tâches
consistent à voter les lois, à élire le chancelier
fédéral et à contrôler le gouvernement.
L’assemblée plénière du Bundestag est le forum des grandes discussions parlementaires, surtout lorsqu’il s’agit de questions décisives de la politique extérieure et intérieure. Lors de séances qui ont lieu la plupart du temps à huis clos, les commissions parlementaires accomplissent les travaux préliminaires à toute loi, d’une importance décisive, car c’est à ce stade qu’il faut faire coïncider la volonté politique avec la compétence technique des experts.
C’est également au sein des commissions que le Parlement a les meilleures possibilités de contrôler les activités du gouvernement. Dans le cas contraire, il ne serait pas possible de résoudre la multitude de questions techniques. Le Bundestag a institué ces commissions en s’inspirant de l’organisation ministérielle du gouvernement fédéral. Elles vont de la commission des affaires étrangères, en passant par la commission des affaires sociales ou des finances, à la commission budgétaire, qui possède une importance particulière, car c’est elle qui incarne la souveraineté budgétaire du Parlement. Il existe également une commission des pétitions, à laquelle chaque citoyen peut adresser ses doléances et ses requêtes.
De 1949 à la fin de la dernière législature, en 1995, plus de 7500 projets de loi ont été soumis au Parlement, dont plus de 1600 ont été adoptés. La majorité des projets de loi émanait du gouvernement, le reste étant présenté par le Parlement, mais aussi par le Bundesrat. Les projets de loi font l’objet de trois lectures au Bundestag et sont, en règle générale, transmis une seule fois à la commission compétente. A la troisième lecture, le vote est définitif. Une loi est adoptée (dans la mesure où elle ne modifie pas la Constitution) lorsqu’elle recueille la majorité des voix exprimées. Les projets de lois qui concernent les tâches des Länder fédérés doivent en outre être soumis à l’approbation du Bundesrat.
Les députés du Bundestag sont élus au suffrage universel, direct, libre, égal et secret. Ils représentent l’ensemble du peuple, ne sont tenus ni par des mandats ni par des instructions et ne sont soumis qu’à leur conscience. Leur mandat est donc libre. Ils se constituent en groupes parlementaires en fonction de leur étiquette politique. La liberté de conscience peut parfois entrer en conflit avec le devoir de solidarité vis-à-vis des collègues du même parti. Mais, même lorsqu’un député quitte son parti, il n’en conserve pas moins son mandat parlementaire. Ce fait illustre clairement l’indépendance des députés.
La répartition des sièges dans les commissions est déterminée par l’importance respective des groupes parlementaires. Selon une ancienne coutume constitutionnelle, le président du Bundestag est élu dans les rangs du groupe le plus fort.
L’indépendance financière des députés est garantie par une indemnité (la «diète») dont le montant correspond à l’importance de la fonction de député. Les députés qui ont été membres du Parlement pendant au moins six ans ont droit à une pension lorsqu’ils ont atteint l’âge de la retraite.
Le Bundesrat.
Le Bundesrat, la représentation des seize
Länder fédérés, apporte son concours à
la législation et à l’administration de la Fédération.
Contrairement au système de sénat d’Etats fédéraux
comme les Etats-Unis ou la Suisse, le Bundesrat ne se compose pas de représentants
élus par le peuple. Le Bundesrat regroupe des membres des gouvernements
de Land ou de leurs plénipotentiaires. En fonction de leur population,
les Länder disposent de trois, quatre, cinq ou six voix; ils ne peuvent
exprimer leurs suffrages que globalement. Plus de la moitié des
lois requièrent l’approbation du Bundesrat, c.-à-d. qu’elles
ne peuvent être adoptées sans ou contre la volonté
du Bundesrat. Les lois requièrent l’approbation formelle du Bundesrat
en particulier lorsque des intérêts essentiels des Länder
sont concernés, par exemple lorsqu’elles ont une incidence sur les
finances ou sur la souveraineté administrative des Länder.
Quoi qu’il en soit, les modifications de la Constitution requièrent
l’approbation du Bundesrat. Dans les autres cas, le Bundesrat n’a qu’un
droit de veto, auquel le Bundestag peut passer outre. Si le Bundestag et
le Bundesrat ne peuvent se mettre d’accord, on doit avoir recours à
la commission d’arbitrage, formée de membres des deux Chambres,
laquelle parvient habituellement à un compromis.
Au Bundesrat, les intérêts du Land priment toujours sur les intérêts du parti; les votes peuvent donc donner lieu à des résultats différents de ce que l’on serait en droit d’attendre en vertu des rapports de majorité des partis politiques. Ceci est un signe de vitalité du fédéralisme. Le gouvernement fédéral ne peut pas toujours s’attendre à ce qu’un gouvernement de Land détenu par le même parti le suive sur tous les points. Chaque Land y représente, en effet, avant tout ses intérêts particuliers et peut chercher à conclure une alliance avec d’autres Länder qui ont le même objectif que lui, indépendamment du parti qui est au gouvernement. Cela entraîne des majorités changeantes. Il faut trouver un compromis chaque fois que les partis qui figurent au gouvernement fédéral n’obtiennent pas de majorité au Bundesrat.
Selon un système d’alternance préétabli, le Bundesrat élit chaque année son président parmi les ministres-présidents des Länder. Le président du Bundesrat assume les fonctions du président fédéral lorsque celui-ci ne peut assurer sa tâche.
Le gouvernement fédéral.
Le gouvernement fédéral, également
appelé «cabinet», se compose du chancelier fédéral
et des ministres fédéraux. Au sein du gouvernement fédéral
et vis-à-vis des ministres fédéraux, le chancelier
fédéral possède un statut autonome et supérieur.
C’est lui qui détient la présidence au sein du cabinet fédéral.
Lui seul a le droit de constituer le cabinet: c’est lui qui choisit les
ministres et qui fait, à l’intention du président fédéral,
la proposition nécessaire pour leur nomination ou leur révocation.
Le chancelier décide en outre du nombre de ministres et définit
leur domaine de compétence. Quelques ministères sont mentionnés
dans la Loi fondamentale: le Ministère fédéral des
Affaires étrangères, les Ministères fédéraux
de l’Intérieur, de la Justice, des Finances et de la Défense.
Ces trois derniers doivent être institués en vertu de la Constitution.
Les larges pouvoirs dont est investi le chancelier fédéral
reposent en particulier sur sa compétence à fixer des directives:
c’est lui qui établit les lignes directrices de la politique gouvernementale.
Dans le cadre de ces lignes directrices, chaque ministre fédéral
dirige son ministère de façon indépendante et sous
sa responsabilité personnelle. Dans la pratique politique, le chancelier
doit aussi tenir compte, au sein des coalitions gouvernementales, des accords
passés avec le partenaire de la coalition.
C’est à juste titre que le système gouvernemental allemand est aussi qualifié de «démocratie cancellariale». Le chancelier fédéral est le seul membre du cabinet élu par le Parlement et lui seul est responsable vis-à-vis de celui-ci. Cette responsabilité peut s’exprimer par le biais du «vote de défiance constructif». Celui-ci a été institué par la Loi fondamentale pour éviter résolument les défauts de la Constitution de Weimar. Ceci a pour objectif d’empêcher que des groupes de l’opposition puissent renverser le gouvernement dès lors qu’ils ne se sont pas mis d’accord auparavant sur un programme alternatif. Si le Bundestag veut exprimer sa défiance vis-à-vis du chancelier, il doit donc simultanément lui élire un successeur à la majorité de ses voix. Jusqu’à présent, une telle tentative de renversement du chancelier par le truchement du vote de défiance constructif a été faite à deux reprises, mais elle n’a été couronnée de succès qu’une seule fois: la motion de censure déposée en octobre 1982 contre le chancelier fédéral de cette époque, Helmut Schmidt, a permis l’élection de Helmut Kohl comme chancelier fédéral. La Loi fondamentale ne prévoit pas de votes de défiance contre un ministre fédéral en tant que tel.
La Cour constitutionnelle fédérale.
La Cour constitutionnelle fédérale,
qui a son siège à Karlsruhe, veille au respect de la Loi
fondamentale. Elle statue, par exemple, sur les litiges qui surgissent
entre la Fédération et les Länder ou entre divers organes
fédéraux. Seule la Cour constitutionnelle fédérale
est habilitée à constater qu’un parti vise à renverser
l’ordre constitutionnel libéral et démocratique et qu’il
est donc anticonstitutionnel; dans un tel cas, elle ordonne la dissolution
du parti. La Cour vérifie également la compatibilité
des lois fédérales et des lois des Länder avec la Loi
fondamentale; si elle déclare une loi anticonstitutionnelle, l’application
de celle-ci est interdite. Dans les cas de ce genre, la Cour constitutionnelle
n’intervient que si elle est saisie par des organes déterminés
comme le gouvernement fédéral, les gouvernements de Land,
au moins un tiers des membres du Parlement ou les tribunaux.
De surcroît, un recours pour anticonstitutionnalité devant la Cour constitutionnelle fédérale est ouvert à quiconque se trouve lésé dans ses droits fondamentaux par l’autorité publique. Normalement, il faut cependant qu’il ait auparavant vainement fait appel aux tribunaux compétents.
Jusqu’à présent, la Cour constitutionnelle fédérale a jugé plus de 112400 affaires. Environ 107900 concernaient des recours constitutionnels, sur lesquels approximativement 2850 ont été couronnés de succès. Elle a régulièrement statué sur des cas d’une grande portée en matière de politique intérieure ou extérieure, qui ont suscité un vif intérêt dans l’opinion publique, par exemple s’il est compatible avec la Loi fondamentale que des soldats allemands participent aux missions des troupes de l’ONU. Les gouvernements fédéraux de tous les courants politiques ont eu à se plier aux sentences des juges de Karlsruhe. Simultanément, la Cour n’a jamais cessé de souligner qu’elle ne considère pas comme de son devoir de prescrire une action politique déterminée aux organes de l’Etat. La Cour constitutionnelle fédérale se compose de deux Sénats qui comprennent chacun huit juges. Les juges sont élus pour moitié par le Bundestag et pour moitié par le Bundesrat. La durée de leur mandat est de douze ans et une réélection n’est pas autorisée.
La
capitale fédérale.
Le 10 mai 1949, le Conseil parlementaire élisit
la ville universitaire de Bonn située sur les rives du Rhin, qui
comptait à cette époque environ 100000 habitants, comme capitale
fédérale (contre une forte concurrence, notamment de Francfort-sur-le-Main).
Le 3 novembre 1949, le Bundestag confirma cette décision, mais en
préconisant de transférer à Berlin les organes fédéraux
dès lors que des élections libres auraient eu lieu en RDA.
Au fil du temps, Bonn devint pour le monde entier le synonyme de la République
fédérale d’Allemagne et de sa politique démocratique.
Après la réunification de l’Allemagne, le Bundestag décida, le 20 juin 1991, avec 337 voix contre 320, de transférer de Bonn à Berlin le Parlement et le gouvernement. Le 27 septembre 1996, le Bundesrat, aussi, a décidé de déménager à Berlin. Huit ministères ne déménagent pas et n’auront qu’une antenne à Berlin. Une institution identique sera instaurée à Bonn pour les ministères de Berlin. Dix-huit autorités fédérales, ainsi l’Office fédéral des ententes et la Cour des comptes fédérale, vont s’y établir; Bonn reçoit le titre de «ville fédérale» et sera transformée en un centre scientifique et culturel à l’aide de versements compensatoires considérables.
Le quartier gouvernemental dans le méandre de la Spree, à Berlin, est actuellement en cours de construction à grand renfort d’investissements et le siège du Reichstag va être transformé pour héberger le Bundestag. Le déménagement des ministères et des autorités ainsi que l’achat et la construction d’environ 12000 logements nécessaires vont engloutir des sommes considérables. Mais l’amélioration de l’infrastructure berlinoise, notamment dans le domaine des transports, va aussi coûter beaucoup d’argent.
La «loi sur l’achèvement de l’unité
de l’Allemagne», appelée communément loi Bonn/Berlin,
qui a été adoptée par le Bundestag le 10 mars 1994
et prévoit 20 milliards de DM pour le déménagement,
règle les particularismes de ce déménagement. Le Bundestag
et le gouvernement fédéral vont déménager à
Berlin en 1999/2000. Au printemps 1999, le nouvel édifice du Reichstag
sera remis au Bundestag.
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